Voyage d’hiver

 

29 décembre. La fin des vacances et de l’année approche. Le moment de rentrer également. Sur la route, vers l’aéroport, et depuis ce matin, le blanc domine. Il n’a pas neigé, mais ces derniers jours, un froid certain s’est installé. Ainsi, tous les paysages, l’horizon, chaque arbre, chaque buisson, chaque toit, tout est blanc ; dehors, le givre règne en maître incontesté. D’ici bas regardant vers là-haut, rien. Le ciel, très bas, forme une masse opaque, les nuages épais tellement compressés ne laissent rien passer. Là, nous devinons le soleil, mais sans plus. Sa lumière nous rappelle seulement qu’il est bien présent.

 

L’avion prend de la vitesse. Nous sommes, durant un bref instant, collés au siège, avant de quitter la terre. Par le hublot, j’observe que cette dernière s’éloigne rapidement. Vers ce plafond blanchâtre. En moins de temps qu’il ne faut à le dire, la magie se produit. Notre aéroplane traverse vaillamment la masse cotonneuse compacte pour offrir à notre vue ébahie cette voûte bleutée et lumineuse d’une beauté indescriptible.

Rien n’est visible à terre ; le ciel traversé bouche à présent nos regards du haut vers le bas. Quelques minutes après toutefois, cette pellicule hivernale s’affaiblit. Plus tard encore, de nombreuses ouvertures laissent entrevoir le sol. Enfin. Puis les nuages disparaissent. De là-haut, quelle belle vision que ce sol montagneux, aux courbes arrondies régulières, sombre camaïeu de marron variant selon les rayons du soleil.

Le bleu profond de la mer annonce la fin proche du voyage. La Méditerranée ! Les îles du Frioul ! Là-bas le Château d’If ! Edmond Dantès. Peu après, grand virage à gauche, droit vers les terres. Perte d’altitude progressive. Le sol devient de plus en plus visible. Puis tout s’emballe. La descente. Toujours. Soudain la piste ! Atterrissage imminent. Attention à l’impact ! Impeccable.

Nous roulons à présent. Freinage. Fin du voyage.

La vie peut reprendre son cours.

 

Ciel !

Mon ciel

 

Une Lune un peu pressée de s’élever dans ce ciel que le Soleil éclaire encore ; ciel que rehaussent des nuages allant d’un jaune lumineux à un rose profond…

Ciel de fin février. Arbres encore nus. Ce vent trop froid.

– Lune, de là-haut, ne vois-tu pas poindre le printemps et son cortège de renaissances ?…

Neige

Oh, rien d’étonnant à voir de la neige tomber ! Ni même qu’elle tienne un peu au sol (ou ailleurs). Mais en voir autant tomber, comme ce fut le cas hier soir, ici, à La Ciotat : là, on frôle le surnaturel ! Car elle a bien tenu, cette fois. En effet, s’il n’est pas fréquent de croiser de la neige sur notre cité, on peut en voir, certaines années. Mais les conditions sont telles, en général, que les flocons disparaissent souvent dès leur atterrissage en douceur – ou très peu de temps après, savourant l’ultime bienfait d’un improbable sursis…

Or, il faut croire que le sol fut, la nuit dernière, suffisamment froid – Ah ! Ce vendredi glacial ! Voilà le coupable ! – pour que cette fois, ces flocons se retrouvent comme à la maison et plutôt que de fondre de désespoir, se donnent la main, revigorés, se serrant les coudes, se superposant, jusqu’à former une couche qui pouvait atteindre plusieurs centimètres d’épaisseur.

Révolution de l’éphémère ! Dès demain, bientôt, ou quelque soit le jour d’après, un rayon de notre puissant soleil provençal n’aura aucun mal à terrasser cette curiosité nordique. Et dans quelques mois, lorsque la chaleur aura regagné ses terres, il nous restera ces souvenirs blancs et froids d’un hiver vrai enfin devenu réalité, même à La Ciotat !