Petits poussins

Il y a un mois environ, dans la classe de CP de l’école Louis Marin où j’interviens régulièrement, un projet particulier se concrétisa. Il s’agissait d’observer en temps réel (ou presque), le passage de l’état d’œuf à celui – éventuellement – de poussins. Vaste programme ! Pour ce faire, une couveuse de qualité professionnelle fut installée (température et hygrométrie constantes, léger mouvement de la grille support afin de provoquer la rotation lente des œufs : on ne pouvait rêver mieux). Restait à trouver des œufs compatibles avec une telle expérience, c’est-à-dire potentiellement fécondés. La solution vint de notre collègue de CE2 qui était en contact avec une ferme locale. Toutes les conditions étaient ainsi réunies pour lancer ce projet.

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Il y a un peu moins d’un mois, donc, eut lieu la découverte de la couveuse, de ses caractéristiques ; la projection sur TBI d’une présentation tout en images (réalisée par le maître de la classe) qui détaillait les différences entre les êtres ovipares et vivipares (qui fut même présentée à d’autres classes de l’école). Une fiche fut remplie par chaque élève qui fut la première d’un véritable dossier scientifique qui présentait un calendrier de vingt et une cases : le temps nécessaire aux éventuels poussins pour croître avant que les œufs n’éclosent. Vingt et un jours. Cela nous menait au vendredi 13 décembre 2013…

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Ce vendredi 13 décembre 2013 restera dans les mémoires. Lors de la recréation du matin (j’intervenais alors dans une autre école), le collègue de CP m’envoie un SMS : « Nous nous apprêtons à accueillir trois poussins, ils commencent à casser leur coquille et on entend « piou, piou » sans arrêt. » Je ne passais dans cette école que l’après-midi et je craignais que tout soit alors terminé. Mais leur sortie pouvait prendre un ou deux jours, me précise le collègue. L’après-midi j’arrivais dans la classe. Un rapport fort détaillé me fut fait par les petits élèves visiblement passionnés par l’expérience, étant donné leur vocabulaire riche et parfaitement adapté à la situation. Ils me précisèrent que les élèves de la classe allaient être les frères et soeurs des poussins, les enseignants de l’école : leurs parents et moi, leur parrain :o) (on n’oublie pas le maître d’adapt !).

Moment émouvant : l’observation d’un des œufs en cours d’éclosion. Une petite ouverture était visible par laquelle passait régulièrement le bout d’un bec – spectacle qu’accompagnait un ensemble de « piou, piou » plus nets que jamais. Vers 14h30, l’une des élèves cria qu’un poussin venait de sortir ! Né un vendredi 13 en 2013… Branle-bas de combat. L’observation s’organise. Et quel tableau ! Une coquille gisant en deux et une masse foncée qui marchait maladroitement mais vigoureusement – le poussin – en alternant passages acrobatiques rapides et repos complet allongé au sol de tout son long. Ainsi ce poussin devint l’attraction des élèves de CP ainsi que des autres classes de l’école. Mais le week-end arrivait. Une collègue s’en occuperait jusqu’à lundi.

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Aujourd’hui lundi, j’arrive à l’école, à nouveau l’après-midi.

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Le collègue de CP m’annonce la nouvelle : contrairement aux apparences et aux prévisions souvent pessimistes, pas moins de six poussins sont nés, en forme, plus vigoureux que jamais ! Six sur six ! Quel spectacle ! Pour une réussite, c’est une réussite ! Les élèves notèrent dans leur dossier cette phrase écrite au tableau que nul n’avait osé espérer : « Lundi, nos six poussins se portent bien. Ils picorent ».

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A en croire les yeux pleins d’étoiles de ces petits scientifiques, voici une expérience que personne n’oubliera de si tôt !… Et bravo au maître Philippe L. pour ce projet tellement enrichissant. Les poussins rejoindront dès la fin de l’école, avant les congés de Noël, une ferme des environs où ils se développeront dans un environnement certainement plus adapté qu’une salle de classe.

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Régulièrement les élèves pourront voir comment grandissent les volatiles.

Car, à n’en pas douter, petits poussins deviendront grands !…

Ô temps ! Suspends (juste un peu) ton vol (stp !)…

Eh bien voilà… En faisant les courses, je croisais des parents d’élèves qui me reconnurent ; je m’étais occupé de leurs deux enfants alors âgés de 7 et 10 ans. C’était hier. Enfin je le pensais… Quand le papa appelle son fils à quelques mètres de là. Il arrive. Première réaction de ma part : « Comme il a grandi ! » Et la maman de préciser « Il a eu vingt ans la semaine dernière »… Avant de me donner des nouvelles de la petit soeur qui – elle – avait dix-sept ans ! Ah ! Que j’eusse apprécié à cet instant précis, pour m’aider à digérer tout ça, une chaise qu’aurait bien accompagné un petit remontant. Rien de tout cela. Mais je tins bon !… Nous discutâmes ainsi durant quelques minutes. Mon ancien élève avait trouvé sa voie dans l’apprentissage et avait, par ailleurs, remarquablement progressé depuis.

Nous nous séparâmes ensuite. Et je pensais aux années qui passent. Sans bruit, discrètement… Je revoyais cet élève dans des séances de lecture. Et je me dis que notre métier est tout de même fabuleux. Oh, nous n’avons pas de stock-options ou de parachutes dorés en cas de fermetures de postes, mais nous avons cette possibilité extraordinaire : celle de la transmission des savoirs et de la connaissance. Celle d’accompagner certains élèves, de pouvoir agir à leur côté afin de les rendre plus forts, plus sûrs d’eux.

Alors, quand tant d’années après nous arrivent de telles rencontres, nous prenons la pleine dimension de ce métier et nous repartons contents et satisfaits vers demain. Nous retrouverons d’autres enfants de six à dix ans qui – je le sais – deviendront grands un jour…

Enfin !

A tout le monde je souhaite de très bonnes vacances et d’excellentes fêtes de fin d’année !

Bon. Et maintenant, un peu de repos !…

 

Ce soir, en sortant de l’école…

J’ai rencontré trois canadairs
Qui bruyamment étaient en l’air
Vrombissant tous trois de concert
Virages très serrés vers la mer

Puis sur les flots, nuage d’écume
Qui s’élevait telle une brume

Où peut conduire leur bel envol
Depuis les flots droit vers Eole

Et leurs entrailles si vite remplies
Rappellent ces images sans oubli
D’un été aux flammes meurtrières
Combattants des folies incendiaires

LK (oui, je sais : on ne s’improvise pas Maurice CARÊME)…

Fort fort lointain…

Objets inanimés, avez-vous une âme ?…

Certains lieux n’en sont pas dépourvus. Tels ceux qui ont été vus et parcourus dans les premières années d’une vie. Ce fut le cas de cette ville d’Alsace : Mutzig, d’où rejaillirent certains de nos plus anciens souvenirs… Continuer la lecture de « Fort fort lointain… »

Un pion, c’est tout.

Chers amis,

Je vous propose un petit retour dans le passé (l’an dernier : le bond n’est pas trop violent) pour éclaircir la manière dont mon poste RASED s’est retrouvé supprimé.

Quelques rappels chronologiques :

• 1983-1986 : Ecole Normale d’Instituteurs
• 1986-1988 : En poste dans un IR puis dans une classe de perfectionnement
• 1989-1990 : Spécialisation professionnelle (Formation Capsais)
• Ancienneté générale actuelle (en 2009) : plus de 25 ans.
• Ancienneté dans la spécialisation : près de 20 ans. Continuer la lecture de « Un pion, c’est tout. »

RASED version 2009-2010…

Bon, nous pouvons presque dire que la rentrée est derrière nous. Non sans mal, suite aux fermetures de classes enregistrées après le début d’année. Mais le calme est revenu. La mise à sac de l’Inspection de l’Education nationale par le Maire – geste ô combien ignoble à bien des égards, nous en avons déjà largement parlé – a provoqué le déplacement de ladite Inspection dans le collège des Matagots.

Venons-en au RASED. Enfin ce qu’il en reste… L’antenne « Provence », (mon antenne, il y en a trois dans notre circonscription) comptait jusqu’à l’an dernier deux rééducatrices (option G), deux maîtres d’adaptation (option E) et une psychologue. Mon collègue maître d’adapt. est maintenu à Cuges-les-Pins, ma collègue rééducatrice à l’école Louis Pécout (quartier de Fardeloup) et la psychologue est toujours là aussi. Continuer la lecture de « RASED version 2009-2010… »

RASED toujours en alerte

Durant 2008-2009, le rétablissement des 3000 postes RASED n’a cessé d’être revendiqué par tous, en même temps que les organisations syndicales s’attachaient à défendre le RASED lors de l’écriture de la nouvelle circulaire, notamment en prenant en compte les heures de coordination et de synthèse (voir le journal FSC n°328).

Les 1500 maîtres spécialisés « surnuméraires » — finalement rétablis — y sont définis comme membres du RASED. Mais la vigilance est de mise à la rentrée et la mobilisation devra se poursuivre.

En effet c’est une chute vertigineuse du côté des départs en formation. Pour les psychologues scolaires : 53 départs en moins (131 prévus contre 184 en 2008). Et pas plus de 120 départs en « E » et 46 en « G » contre respectivement 544 et 252 en 2007-08 !

A noter que les départs en « D » seraient en augmentation, mais face aux besoins supplémentaires (ouverture d’UPI, enseignants référents) et aux manques (38,9% non spécialisés en CLIS en 2007-08), on est loin du compte.

(Source : http://www.snuipp.fr/)

Mise à jour (15/09/2009) :

Il y a les textes et l’esprit des textes. Dans les Bouches-du-Rhône, les interventions spécialisées à dominantes pédagogiques d’un maître placé sur un poste dit « surnuméraire » (bien que la circulaire nationale n’emploie plus une telle dénomination) ne peuvent avoir lieu que dans une seule école strictement. La possibilité d’élargir le champ d’intervention à deux écoles (ce que la circulaire laisse envisageable) – quand bien même les demandes sont justifiées autant qu’importantes – n’est finalement pas possible. « On est titulaire d’une fonction et non d’un poste » pouvons-nous souvent entendre… L’enseignement spécialisé doit perdurer. Il perdurera. Fluctuat nec mergitur…

Mais quel spectacle !…

Mardi 08/09/2009 – Rentrée difficile, ici bas, à La Ciotat. Samedi dernier ont été entérinées en commission technique paritaire (CTP) des fermetures de classes qu’accompagnaient des ouvertures. Il est bon de savoir que tout le monde raisonne actuellement non plus à l’échelle d’une école mais à celle d’une globalisation qui regroupe plusieurs établissements d’un même secteur dont on totalise le nombre d’élèves, nombre qui sera ensuite divisé par le nombre total de classes.

Avec ce système, vous l’aurez compris, si un effectif global est suffisamment bas, on peut « organiser » la fermeture d’une classe dans l’école de son choix… Ce qui fut le cas pour l’école Paul Bert qui fait partie d’un ensemble constitué également des écoles Louis Marin et Maltemps. Une école qui en quelques années à peine est passée de plus de 10 classes à… 7 ! Il y a un an on parlait de fermeture à Louis Marin (pire ! de la fermeture à terme de cette école) et aujourd’hui c’est l’école Paul Bert qui a été frappée…

Baisses démographiques, décalage du « centre de gravité » de la ville (baisses en centre-ville et glissements vers les quartiers plus périphériques) : les raisons – réelles – ne manquent pas pour justifier de telles mesures. Mais il y aurait des choses à dire sur la manière dont se sont déroulées les choses.

Car attendre que la rentrée soit engagée (et les classes constituées, bien entendu, depuis juin) pour rendre officielle une suppression de classe (samedi dernier) n’est pas chose facile à gérer. Une fermeture se traduit par un enseignant en moins dans l’école. Il faut donc revoir complètement les constitutions de classes dont les effectifs en général passent assez nettement à la hausse.

Dans le même temps nous voyons le matin des conseillers municipaux, le Maire en tête, venus montrer leur désaccord devant les différentes fermetures de classes (car il n’y en eut pas qu’à Paul Bert !)… Nous y reviendrons.

Lors d’une réunion à l’inspection de l’Education Nationale, lundi après midi, entre l’Inspecteur et les directeurs de la circonscription, les mêmes conseillers municipaux et le même Maire, se sont invités pour exprimer leur colère. Puis eut lieu une scène ubuesque. Le Maire décida qu’en matière d’économies, il allait reprendre ce que la Ville mettait à disposition de l’Inspection de l’Education Nationale : « Nous allons également reprendre tout le matériel que nous fournissons à l’Education Nationale : photocopieurs, bureaux, chaises, armoires, etc. Le Ministre n’a qu’à vous donner les moyens de travailler !« … Et comme il est précisé dans La Marseillaise du jour, lorsque les bureaux furent littéralement vidés, le Maire remarqua que « la conformité électrique n’avait pas été constatée » donc ces bureaux furent mis sous clef, un serrurier ayant changé les verrous afin d’en condamner définitivement l’accès.

Aujourd’hui mardi, l’Inspection devait être installée provisoirement à Roquefort-le-Bédoule

Que penser de tels actes ? Un minimum de réflexion me fait dire que mettre à sac une Inspection de l’Education Nationale n’est pas un acte compréhensible. Un peu de discernement que diable ! Pourquoi une telle agression ? Un tel passage à l’acte – médiatisé, bien sûr – revient à dire que les mots ne suffisaient plus. Est-ce-là un geste digne de celui du premier magistrat de la Ville ?… Et revenons à ce « soutien » de ces conseillers municipaux compatissants devant la ruine organisée de l’Ecole de la République… Mais qu’on se le dise une bonne fois pour toutes : l’Inspecteur d’Académie est un Haut-fonctionnaire qui ne fait qu’appliquer ce qu’on lui demande d’appliquer.

Il faut donc aller voir un peu plus haut ! Le gouvernement – ce n’est un secret pour personne – a fait de la casse de l’Ecole de la République (entre autre) un enjeu particulier, ces derniers temps. Un gouvernement de la même couleur politique que M. le Maire et sa très grande majorité de conseiller municipaux…

Certaines voix commencent à se lever pour demander si vraiment ces opérations locales de communication municipale autour du thème « sauvons notre Ecole » sont crédibles alors même que nationalement, l’Education est devenue une marchandise comme les autres ?…

D’autres voix soulignent une vraisemblable situation pour le moins peu confortable pour certains, comparable à un grand écart magistral, qui consisterait d’une part à applaudir des deux mains et faire la fête (discrètement) tant est grande la satisfaction de voir ce gouvernement UMP – la famille, quoi ! – assommer la France de ses maladroites réformes (c’est un doux euphémisme !)… Puis d’autre part, on se construirait au grand jour une image de sincérité, de respectabilité, sous couvert de commissions extra-municipales innocentes, de « permanences » courageuses d’élus compatissants le matin dans les écoles touchées, ou encore de saccage (médiatisé, tant qu’à faire) en règle des bureaux de l’Inspection de l’Education Nationale…

J’entends, nous entendons, vous entendez toutes ces voix. Une bien belle hypocrisie, globalement, que tout cela. Mais au détriment principal des élèves de notre école, ne l’oublions pas !…

Photo prise dans la cour de l’école Paul Bert lundi 7 septembre 2009

[Mise à jour]

• Jeudi 10/09/2009 : L’école Paul Bert est toujours bloquée. Ca coince au niveau de l’IA, ça coince au niveau de la Ville ; comme dirait l’autre : nous ne sommes pas « sortis de l’auberge » !… Qui fera le premier pas ?… Si déjà on arrêtait de « jeter de l’huile sur le feu » à chaque occasion, de part et d’autre…
• Autre chose : l’Inspection de l’Education nationale n’a pu se fixer à Roquefort-la-Bédoule finalement en raison d’une entente, d’une « cohésion » entre les municipalités de la même famille politique qui se serrent les coudes (et avec La Ciotat, Cassis et Roquefort, on est toujours à l’intérieur de « l’auberge »)…

RASED : La circulaire !

Chers amis,

Nous l’attendions depuis un certain temps, cette circulaire. Bien des moutures avaient circulé qui nous avaient donné une idée assez précise au demeurant du sort qu’on allait réserver aux RASED et à leurs enseignants spécialisés.

Comme il est précisé en fin de ce document, « cette circulaire abroge et remplace les parties I et II de la circulaire n° 2002-113 du 30 avril 2002 relative aux dispositifs de l’adaptation et de l’intégration scolaires dans le premier degré (…) ».

Nul doute que nous reviendrons largement sur ce thème… ;o)

Voici donc cette circulaire parue juste a temps pour la rentrée…

Bulletin officiel n° 31 du 27 août 2009

Enseignements élémentaire et secondaire

Fonctions des personnels spécialisés des réseaux d’aides spécialisées
aux élèves en difficulté (RASED) dans le traitement de la difficulté
scolaire à l’école primaire

NOR : MENE0915410C
RLR : 501-5
circulaire n°2009-088 du 17-7-2009
MEN – DGESCO A1-1

Texte adressé aux rectrices et recteurs d’académie ; aux inspectrices et inspecteurs d’académie, directrices et directeurs des services départementaux de l’Éducation nationale ; aux inspectrices et inspecteurs de l’Éducation nationale chargés des circonscriptions du premier degré ; aux inspectrices et inspecteurs de l’Éducation nationale chargé de l’adaptation scolaire et de la scolarisation des élèves handicapés

L’objectif de l’école est d’amener tous les élèves à la maîtrise des connaissances et des compétences inscrites dans les programmes en référence au socle commun. C’est pourquoi, dès qu’un élève rencontre une difficulté dans ses apprentissages, les aides nécessaires doivent lui être apportées dans le cadre du service public de l’éducation.
La circulaire n° 2006-138 du 25 août 2006 définissant les programmes personnalisés de réussite éducative (P.P.R.E.) et la circulaire n° 2008-082 du 5 juin 2008 sur l’aide personnalisée sont les cadres des actions proposées par l’équipe pédagogique pour répondre aux besoins des élèves. Ces aides se mettent en place sous la responsabilité de l’inspecteur de l’Éducation nationale chargé de la circonscription, depuis l’aide personnalisée jusqu’aux aides spécialisées. Elles constituent, dans le cadre du projet d’école, un ensemble de démarches pédagogiques pour la prévention de la difficulté scolaire et l’aide aux élèves qui rencontrent des difficultés dans leurs apprentissages. Continuer la lecture de « RASED : La circulaire ! »