Camerone 2017

J’ai eu, le 30 avril dernier, l’honneur et la joie de pouvoir assister à la cérémonie Camerone 2017, à la « Maison Mère » d’Aubagne.

Le thème de cette année, « Légionnaire, tu es un volontaire », rappelant, aux quelques 9 000 hommes formant aujourd’hui la Légion étrangère, le premier pas de leur engagement à servir.

Empreinte d’un fort symbolisme, cette cérémonie a débuté à 9h30 par l’entrée des troupes sur la Place d’armes. Peu après les officiels, parmi lesquels le Ministre de la Défense d’alors, monsieur Jean-Yves Le Drian qui prononça un magnifique discours. Puis ce fut le moment de l’entrée de la Main du Capitaine Danjou. Le porteur de cette main était cette année le sergent-chef (er) N’Guyen Van Phong, officier de la Légion d’honneur, médaillé militaire, sept fois cité dont trois fois comme supplétif vietnamien au sein du 1°BEP, 2°BEP, 3°CSPL, 4°REI, 13°DBLE et 2°REP. (http://www.legionetrangere.fr).

Comme chaque année, et officiellement depuis 1931, la Légion étrangère honora en 2017 le sacrifice des légionnaires du Capitaine Danjou, glorieusement tombés au Mexique, dans l’hacienda de Camerone. Ce combat s’est déroulé le 30 avril 1863, dans l’accomplissement sacré de la mission qui avait été confiée aux légionnaires : assurer la couverture au profit d’un convoi logistique ravitaillant les unités françaises qui assiégeaient la ville de Puebla.

Ce combat regroupe à lui seul toutes les valeurs fédératrices de la Légion étrangère : le caractère sacré de la mission, la fidélité à la parole donnée ainsi que la communauté de destin choisie et acceptée par les officiers, sous-officiers et légionnaires. Ces trois vertus légionnaires connues de tous, expliquées aux plus jeunes et commentées à chaque occasion constituent le fondement de l’esprit de corps qui nous anime. (http://www.legion-etrangere.com)

Sur le Monument aux morts à Agde (34), commémoratif de la bataille de Camerone, on peut lire :

Ils furent ici moins de soixante
Opposés à toute une armée.
Sa masse les écrasa.
La vie plutôt que le courage
Abandonna ces soldats français
À Camerone le 30 avril 1863

Une cérémonie à vivre, si l’on en a un jour l’occasion.

Lien :

http://www.camerone.legion-etrangere.com

Mémorial Jean Moulin

Au cours d’un récent séjour dans la région lyonnaise, nous avons traversé une commune de Caluire. Plus précisément Caluire-et-Cuire. Instantanément me vint à l’esprit l’image de Jean Moulin. Ainsi que celle de son arrestation.

La maison où eut lieu son arrestation. La voici. Celle du docteur DUGOUJON. C’est donc dans ce cabinet médical que le 21 juin 1943 furent arrêtés Jean Moulin et ses compagnons.

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Morenika, jeune fille brune

Morenika, c’est d’abord une interprétation particulière. Celle de l’immense Avishai COHEN que voici :

Moi, noire et splendide, fille de Jérusalem, comme les tentes de Qédar, comme les tentures de Salomon. (1, 5)

Ne me dévisagez pas, moi, la noirâtre, moi que le soleil a regardée. Les fils de ma mère se sont fâchés contre moi ; ils m’ont mise gardienne des vignes. Mais ma vigne à moi, je ne l’ai pas gardée. (1, 6)

Ces lignes, tirées du Cantique des Cantiques, daté traditionnellement du XIe siècle avant notre Ère, évoque ainsi une fille « noirâtre, que le soleil a regardée ».

C’est vrai qu’elle était belle ; elle était brune. Ses cheveux, sa peau : sombres. La brunette, la « morena ». C’est peut-être dans l’Aragonais qu’elle et les siens vivaient. Une région dont la langue était composée d’un aragonais mâtiné de castillan. Expliquant la terminaison en « ica » du nom qui fut attribué à la belle « Morena » : Morenica.

L’union de Ferdinand II d’Aragon et d’Isabelle de Castille, en 1469, à Valladolid, provoque l’union des deux principaux royaumes de la péninsule, à la base de la création de l’Espagne moderne. Continuer la lecture de « Morenika, jeune fille brune »

Nous accueillons l’équipe olympique des Réfugiés.

« Nous vivons dans un monde de crises, de méfiance et d’incertitudes. Voici notre réponse olympique : Les dix-mille meilleurs athlètes du monde, en compétition les uns face aux autres, vivent pacifiquement ensemble au Village, partageant leurs repas et leurs émotions. Dans cet univers olympique, il y a une loi universelle pour tous. Dans cet univers olympique, nous sommes tous égaux. Dans cet univers olympique, nous voyons que les valeurs partagées par l’Humanité sont plus puissantes que les forces qui veulent nous diviser. Je vous lance un appel, athlètes olympiques : respectez-vous, respectez vous les uns les autres, respectez les valeurs olympiques qui rendent les Jeux Olympiques uniques pour vous et pour le monde entier ».

« Nous vivons dans un monde où l’égoïsme gagne du terrain, où certaines personnes prétendent être supérieures aux autres. Voici notre réponse olympique : Dans l’esprit de la solidarité olympique et avec le plus grand respect, nous accueillons l’équipe olympique des réfugiés. Chers athlètes réfugiés : vous envoyez un message d’espoir aux millions de réfugiés dans le monde. Vous avez dû fuir vos maisons à cause de la violence, la faim, ou juste parce que vous étiez différents. Avec votre grand talent et votre humanité, vous apportez maintenant une belle contribution à la société. Dans cet univers olympique, nous ne faisons pas que tolérer la diversité. Dans cet univers olympique, nous vous accueillons comme un enrichissement de notre « Unité dans la diversité ».

Thomas Bach, président du CIO

Voici l’incroyable accueil qui a été réservé par les nombreux spectateurs à l’Équipe Olympique de Réfugiés, au moment où ces dix athlètes entraient dans le stade Maracana, précédés par la bannière Olympique :

 

Mettons à présent un visage sur chaque nom de ces athlètes et faisons connaissance avec ce qui fut leur histoire, souvent incroyable et tellement dramatique… Continuer la lecture de « Nous accueillons l’équipe olympique des Réfugiés. »

« Et les enfants furent sauvés »

MORIAL organise une conférence le jeudi 28 mai 2015, à 19 heures, à la mairie du 16e arrondissement de Paris, avec le soutien de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah et la mairie du 16ème arrondissement de Paris, sur le thème :

« Et les enfants furent sauvés »

Et parmi les sujets abordés au cours de cette conférence figure une histoire qui m’a été racontée par un excellent ami, pas plus tard que le week-end dernier, alors que nous nous étions rendus à la Sainte-Baume. Ce n’était pourtant pas la première fois que je me retrouvais en ces lieux où les beautés naturelles rejoignent les dimensions spirituelles. Le Massif de la Sainte-Baume se présente sous la forme d’une muraille de calcaire s’élevant à plus de 1100 m d’altitude et se développant d’ouest en est sur près de 14 kms de long. La grotte de Sainte-Marie-Madeleine est devenue un lieu de pèlerinage chrétien réputé ; des Dominicains assurent actuellement, en plus de l’accueil à la grotte, la gestion de l’hôtellerie de la Sainte-Baume.

Massif de la Sainte-Baume
Massif de la Sainte-Baume

Revenons à notre histoire (source http://www.morial.fr).

Nous sommes en 1943. Continuer la lecture de « « Et les enfants furent sauvés » »

La quête de la vie-sans-fin…

Combien de fois ai-je souhaité pouvoir rendre hommage à celui qui, chaque fin de semaine, nous permet de voir plus loin, plus haut, depuis les épaules des géants…

Sur les épaules de Darwin, sur les épaules des géants. Se tenir sur les épaules des géants et voir plus loin, voir dans l’invisible, à travers l’espace et à travers le temps… Par ces mots commençait l’émission de samedi dernier. Combien de fois, me suis-je laissé captiver par cette voix si particulière qui aborde tant de sujets tous plus passionnants les uns que les autres, avec un simplicité et une poésie admirables. Oui, comment résister ? Mais quel rendez-vous exquis ! Alors quand ce samedi 16 mai, à 11h00, Jean Claude Ameisen – car c’est bien sûr de lui qu’il s’agit – nous a parlé du langage qui a commencé à voyager en silence, à travers l’espace et à travers le temps, puis qui a évoqué la Mésopotamie, le souverain Enmerkar, les caractères cunéiformes, l’immense Jean BOTTERO… Un domaine qui me passionne depuis si longtemps (celles et ceux qui me connaissent le savent bien). Ô temps suspends ton vol…

Ci-dessous figurent deux liens vers les deux épisodes de cette épopée intitulée « La Quête de la Vie-sans-fin » (du 9 puis du 16 mai). Plus bas vous trouverez une transcription des premiers mots de cette extraordinaire émission.  Et tout à la fin, la bibliographie figurant sur la page de l’émission.   

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La quête de la vie-sans-fin (1), diffusée le 9 mai 2015 Ecouter  Télécharger

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La quête de la vie-sans-fin (2), diffusée le 16 mai 2015 Ecouter  Télécharger

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Bonum vinum laetificat cor hominis

Très bel article dans le dernier Libé week-End (2-3 mai) sur les caves des Hospices civils de Strasbourg. Outre le plus vieux vin (blanc) du monde datant de 1472, l’Histoire semble accompagner chaque litre reposant dans cette cave extraordinaire.

HCS

En matière de vins, nous connaissions les Hospices de Beaune, construites de 1443 à 1457, ou plus précisément, leur cave (qui ne se souvient pas de cette scène en ces lieux, dans la « Grande Vadrouille » ? :o) Là-bas, c’est le Bourgogne qui est à l’honneur. « Une ancienne cave à vin voûtée médiévale de plus de 300 mètres est construite sous les Hospices de Beaune. La réserve particulière de vin des Hospices y est conservée. Cette cave est ouverte à la visite publique uniquement durant la vente des hospices de Beaune », précise Wikipédia. Continuer la lecture de « Bonum vinum laetificat cor hominis »

Vie et Destin

de Vassili Grossman (1905 -1964)

Un incontournable livre d’un immense auteur…

Il s’agit de la deuxième partie d’une grande fresque, d’inspiration tolstoïenne, commencée en 1952 avec « Pour une Juste Cause ». « Vie et Destin » sera achevé en 1962.

Ce dytique débute avec « Pour une Juste Cause » au cours de l’été 1942 chez les Chapochnikov dans leur maison de Stalingrad. Il se termine, dans « Vie et Destin », avec une dernière réunion de la famille Chapochnikov, en avril 1943, dans un Stalingrad en ruines. Continuer la lecture de « Vie et Destin »

Il aurait eu 100 ans aujourd’hui

Il y a cent ans – les célébrations de cet anniversaire furent récemment à la hauteur de ce terrible événement – éclatait celle que l’on allait appeler la Grande Guerre. Dans les premiers jours, environ trois millions cinq cent mille Français furent mobilisés. Parmi eux, un modeste potier de Vallauris, dans les Alpes-Maritimes, émigré piémontais comme son épouse, qui partira vers cette guerre ; mais avant, il eut le bonheur de vivre la naissance de son enfant, un garçon qui fut prénommé Jean. Son père ne revint que cinq ans plus tard de captivité.

Jean donna entière satisfaction à ses parents, il se montra même précoce à bien des égards. Au séminaire dominicain de Nice où il entra à l’âge de onze ans, il découvrit le latin et le grec et se révéla très studieux en général ; le séminaire lui offrit une solide éducation. Après son bac, Jean choisit d’entrer dans les Ordres. Noviciat en 1931 à Biarritz, prise d’habit en 1932 au prieuré de Saint-Maximin.

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