Berlin, Histoire et modernité (3)

Lorsqu’on se trouve à Berlin, comment ne pas faire un tour du côté des Musées de la capitale et, en particulier, au musée de Pergame (Pergamonmuseum)… [Bodestraße 1-3, 10178 Berlin]. Après un petit moment d’attente nous voici plongés dans le Proche-Orient ancien (domaine qui occupa mon esprit quelques années, à l’Université d’Aix-en-Provence). Depuis le temps ! Nous y sommes. Premier contact : l’imposante Porte d’Ishtar. Oh ! Quelle émotion, lorsque je me suis retrouvé devant le roi d’Assyrie Assarhaddon ! J’ai repensé à son père, le roi Sennacherib et au sage, que dis-je, l’ummanu, Ahiqar, l’immense Ahiqar… Mais je m’égare. Quelle merveille, ce musée ! Toutes ces inscriptions en écriture cunéiforme… Un moment réellement inoubliable.

Plus tard, marchant sur l’avenue « Unter den Linden », j’aperçois sur une colonne, cette affiche annonçant un concert du groupe SISTANAGILA.

Il s’agit d’une formation musicale Irano-Israélienne ! Formidable démarche ! Je prends rapidement l’affiche en photo. Le 7 ? C’est aujourd’hui ! Pour rien au monde nous ne manquerons un tel spectacle. Nous y serons à 20h00.

Après un agréable début de soirée, nous prenons d’assaut le S-Bahn berlinois (profitons-en pour insister sur la très grande qualité des transports en commun berlinois). Mais le trajet se révèle un peu plus long que prévu… Enfin notre station : « Gneisenaustrasse ». Nous cherchons l’église « PassionKirche » dont nous vérifions l’adresse : Marheinekeplatz 1, 10961 Berlin. C’est à deux pas ! Nous y sommes presque. Plus que cinq minutes ! Nous apercevons la PassionKirche. Nous y sommes ! Mais… En reprenant notre souffle, une chose nous étonne : aucune affiche à proximité, pas âme qui vive non plus. Les portes de l’église restent désespérément fermées. Tout cela n’est pas très normal… Nous étions bien le 7 ! Rapide vérification en observant la photo prise dans l’après-midi. Oh non !!! Le 7, oui…

Mais le 7 OCTOBRE 2017 ! C’est incroyable ! Dans l’euphorie de voir une telle formation, nous avions omis ce petit détail… Alors, l’âme en peine, nous avons lentement rebroussé chemin. Parvenus à la Gneisenaustrasse, nous nous arrêtons près d’un bar et sa belle terrasse où trônait un piano.

C’est ici que nous avons poursuivi notre soirée. Un artiste nous a enchanté, au piano, mais également avec sa guitare. Notre dernière soirée berlinoise. Improvisée, certes. Dans un quartier que nous ne connaissions pas et qui nous a paru si accueillant, à l’image de ce séjour à Berlin : parfait de bout en bout. Merci au Markt-Wirtschaft pour ce moment formidable de partage !

Nul doute que nous reviendrons dans cette magnifique ville aux multiples facettes ; Berlin, ville d’Histoire, de Mémoire, de Culture et de modernité.

Le lendemain, le vol retour avec AirBerlin s’est bien passé.

Berlin, Histoire et modernité (2)

Berlin, la suite.

Une suite placée sous le signe de souvenir et de l’admiration.

En arrivant à hauteur d’une place dont nous avons lu le nom : « Bebelplatz », nous n’imaginions pas ce que nous allions y découvrir. En passant, August Bebel (1840-1913) était un dirigeant du Parti social-démocrate d’Allemagne du XIXe siècle, cofondateur du SPD, nous précise Wikipedia.

Sur cette place, le 10 mai 1933, sous l’égide de membres de la SA, des étudiants inféodés aux thèses nazies brûlèrent 20.000 livres « non-allemands » dont on déclamait les noms des auteurs au fur et à mesure, parmi lesquels, entre autres, Karl Marx, Karl Kautsky, Bertolt Brecht, Alfred Döblin, Lion Feuchtwanger, Sigmund Freud, Erich Kästner, Heinrich Mann, Carl von Ossietzky, Erich Maria Remarque, Kurt Tucholsky, Franz Werfel, Arnold Zweig et Stefan Zweig. Plus tard, Goebbels, ministre de la propagande, arriva sur place pour prononcer un discours.

Nous étions sur cette place.

« Là où on brûle des livres, on finit aussi par brûler des hommes. »

Nous avons remarqué, au sol, une plaque carrée transparente. Sous le fort soleil d’août, il nous a fallu un certain temps avant de discerner des rayonnages de bibliothèque. Des rayonnages complètement vides. Un vers de Heinrich Heine est gravé : « Dort, wo man Bücher verbrennt, verbrennt man am Ende auch Menschen«  (« Là où on brûle les livres, on finit par brûler aussi les hommes »). Il s’agit de « La Bibliothèque Engloutie », oeuvre de l’artiste Micha Ullman qui symbolise ce triste événement.

Peu après nous arrivons au numéro 13 de la Stauffenbergstraße. Emplacement du Mémorial de la Résistance allemande. Quel lieu ! En arrivant dans la cour intérieure de cet ensemble imposant, nous voyons cette inscription.

« Ici moururent pour l’Allemagne le 20 juillet 1944 le général Ludwig BECK, le général d’Infanterie Friedrich OLBRICHT, le colonel Claus Conte Schenk Von STAUFFENBERG, le colonel Albrecht Ritter Mertz Von QUIRNHEIM, le lieutenant colonel Werner Von HAEFTEN ».

Il serait trop long d’exposer ici les multiples richesses de ce mémorial. Ne le manquez surtout pas si vous passez à Berlin. Nous avons été si émus, si impressionnés par ces personnages, connus ou inconnus, qui, à leur manière, de près ou de loin, s’étaient engagés, avaient tiré le signal d’alarme. Et il y en a eu ! Johann Georg Elser, par exemple : celui qui avait conçu une bombe munie de deux minuteries à l’occasion d’un discours d’Hitler qui fut malheureusement écourté pour des raisons climatiques (il devait prendre un avion). La bombe souffla littéralement l’endroit. Sept membres du parti nazi seront tués. C’était le 8 novembre 1939. Mais plus largement, quelle émotion ressentie devant toute les évocations de ces Résistantes et Résistants allemands. Je retrouvais Hans et Sophie SCHOLL…

En fin de journée, nous passons à côté d’une inscription particulière, non loin de l’endroit où nous logions.

La nuit tombait sur Berlin.

Berlin, Histoire et modernité (1)

Découvrir Berlin.

Pour y aller, nous avons pris une compagnie allemande Air Berlin pour effectuer le trajet depuis Stuttgart où nous nous trouvions alors. Très bon vol. A la sortie de l’avion, une petite surprise nous attendait…

Oh, les quelques petits jours de notre visite ne nous permettent sans doute pas de dire que nous connaissons parfaitement cette cité incroyable. Mais ce que nous y avons vu restera gravé dans notre mémoire.

Profusion de sentiments, d’impressions ; de la tristesse à l’humour, de l’horreur à l’espérance. L’Histoire moderne semble présente à chaque endroit, dans chaque rue, sur chaque place.

Arrêt 31. Unter den Linden. Voilà où nous sommes arrivés, depuis l’aéroport « Berlin Tegel », dans le Bus TXL qui allait jusqu’à Alexanderplatz.

Unter den Linden, Sous les tilleuls : il s’agit de la célèbre avenue de Berlin. En la remontant, nous sommes parvenus à une immense place baptisée Pariser Platz sur laquelle se trouve la porte de Brandebourg. La fameuse porte de Brandebourg. Nul doute, nous étions bien à Berlin. Et déjà l’Histoire se dresse devant nous.

A l’ouest de cette porte, nous arrivons dans l’immense Tiergarten (Jardin aux animaux) un étonnant parc de plus de 200 hectares en plein centre de Berlin traversé par la rue du 17 Juin. Plus tard, nous découvrons, entre les branches des nombreux arbres, un drapeau européen flottant au vent.

Une aile du palais du Reichstag qui abrite de nos jours le Bundestag depuis le retour des institutions à Berlin en 1999. Le Reichstag affiche, depuis 1916, la devise « Dem Deutschen Volke » (Au peuple allemand).

Plus loin, dans une rue, observant le sol aux nombreux pavés, notre regard est attiré par un reflet particulier, métallique. Situés devant la porte d’un petit immeuble, trois pavés particuliers qui portent des inscriptions. Comme d’innombrables pavés de ce type dans toute l’Allemagne, malheureusement. Témoignage soudain de l’horreur absolue, de la Shoah, terme hébreu qui signifie « anéantissement » (que je préfère largement au terme « holocauste » qui m’a toujours semblé incroyablement inapproprié). Zakhor…

Le Mur de Berlin… Je me souviens fort bien de sa chute dans la nuit du jeudi au vendredi , après tant d’années ; de cette image montrant l’immense Mstislav Rostropovitch qui improvise un concert de violoncelle assis simplement sur une chaise, juste devant ce Mur.

« Mur de la honte » pour les Allemands de l’Ouest et officiellement appelé par le gouvernement est-allemand « mur de protection antifasciste », il est érigé dans la nuit du au par la République démocratique allemande (RDA).(Wikipedia)

On peut trouver plusieurs fragment du Mur à Berlin. Son tracé est à présent symbolisé au sol par une double ligne de pavés qui serpente dans la ville.

Au loin, le (désormais trop) célèbre Checkpoint Charly donne une idée de ce que pouvait être ce drame d’une séparation qui dura si longtemps, qui coûta la vie à tant de personnes. Ainsi, comment comprendre celles et ceux qui se font prendre en photo devant ce Checkpoint arborant des casquettes russes ou américaines en riant de la sorte…

En direction de l’Alexanderplatz, nous découvrons la célèbre Fernsehturm. Etonnante tour de 368 mètres située dans l’ancien Berlin Est : la plus haute construction de la ville, qui fut bâtie proche du mur de Berlin, représentant à l’époque la supériorité de Berlin Est.

Dans la partie est du Tiergarten, nous arrivons à l’imposant Mémorial soviétique qui présente une statue d’un soldat soviétique. Ce monument commémoratif de la Seconde Guerre mondiale a été bâti en mémoire des combattants de l’Armée rouge tombés durant la bataille de Berlin. Elle porte l’inscription suivante : « Gloire éternelle aux héros tombés dans la bataille contre les occupants fascistes allemands pour la liberté et l’indépendance de l’Union soviétique ! ». 2500 soldats reposent dans le cimetière. A ce sujet, relire l’immense écrivain Vassili Grossman (« Carnets de guerre : de Moscou à Berlin », ISBN 2702137660, 9782702137666 – ou les passionnants « Pour une juste cause », ISBN 2825114294, 9782825114292, puis « Vie et Destin », ISBN 2266081446, 9782266081443).

Tiens ! Ca valait bien une photo : un vendeur de hot-dogs « tout en un » : réserve de gaz dans le dos permettant d’alimenter le mini gril devant lui où figurent tous les ingrédients nécessaires sans oublier le parasol qui le protège du soleil. Ingénieux !

Cette première journée se termine. Au loin, dans la nuit naissante, se dresse la Fernsehturm …

Sources :

(*) : Wikipedia

Le Chant des Marais ou Chant des déportés

Loin vers l’infini s’étendent
De grands prés marécageux
Et là-bas nul oiseau ne chante
Sur les arbres secs et creux

Refrain :

Ô terre de détresse
Où nous devons sans cesse
Piocher, piocher.

Dans ce camp morne et sauvage
Entouré de murs de fer
Il nous semble vivre en cage
Au milieu d’un grand désert.

(Refrain)

Bruit des pas et bruit des armes
Sentinelles jours et nuits
Et du sang, et des cris, des larmes
La mort pour celui qui fuit.

(Refrain)

Mais un jour dans notre vie
Le printemps refleurira.
Liberté, liberté chérie
Je dirai : «Tu es à moi.»

Dernier refrain :

Ô Terre enfin libre
Où nous pourrons revivre,
Aimer, aimer.


C’est ce chant, interprété par les  Chœurs de la Garde républicaine, qui accompagna la sortie du cercueil de Simone Veil, en fin de cérémonie,  dans la cour des Invalides, ce mercredi 5 juillet 2017, à l’occasion de l’Hommage national rendu à cette femme d’exception.

Hotel des Invalides, Paris, France, July 5, 2017. REUTERS/Michel Euler/Pool

Liens :

L’histoire du « Chant des Marais » :

http://ufacbagnolet.over-blog.com/article-20201896.html

Le Chant des déportés ou Chant des marais :

http://www.wikiwand.com/fr/Le_Chant_des_déportés

 

Le sens des mots

« Mal nommer les choses, c’est ajouter au malheur du monde », nous livre Albert Camus.

Le traitement par les médias des récents événements dramatiques que sont les vagues actuelles de migrations de réfugiés de Syrie, du Kosovo, d’Afghanistan, d’Albanie, d’Irak, du Pakistan, d’Érythrée, de Serbie, d’Ukraine, du Nigeria (les dix principaux pays d’origine des primo-demandeurs d’asile dans l’UE en 2015) est pour le moins inégal. Souvent, nous n’entendons parler que de « migrants ». Quand on sait combien un mot inadapté peut engendrer des conséquences fâcheuses, le moment est venu de nous questionner sur deux termes fréquemment évoqués en ce moment – ô combien malheureusement… Continuer la lecture de « Le sens des mots »

Les Ailes du Souvenir

Vingt-six ans déjà… Je me souviens fort bien avoir vu ce film lors de sa sortie en salle. Plutôt deux fois qu’une, tant cette oeuvre m’avait marquée. Ces images magnifiques, mais aussi cette dimension particulière dans laquelle le spectateur est plongé dès les premières secondes de la projection.

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Une amie récemment m’a remis sur la voie de ce film. Je n’y pensais plus depuis longtemps. Puis il y eut ce rappel inattendu et, brutalement, tout est remonté en mémoire. Berlin. Damiel, Cassiel, la trapéziste. L’éternité, le désir amoureux pour lequel Damiel sacrifiera son éternité. Ode à l’Humanité. Juxtaposition de solitudes…

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Ce film n’a pas vieilli. Il n’a pas pris une ride. Son atmosphère est restée intacte.

Anges, êtes-vous là ?…

1001. INSERT (34 sec.)
Une main qui écrit sur une feuille de papier :

Lorsque l’enfant était enfant,
il ne savait pas  
qu’il était enfant,
tout pour lui avait une âme.

FERMETURE EN FONDU

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VOIX DE DAMIEL :
« Lorsque l’enfant était enfant,
il marchait les bras ballants
il voulait que le ruisseau soit rivière
et la rivière, fleuve,
que cette flaque soit la mer.
Lorsque l’enfant était enfant,
il ne savait pas qu’il était enfant,
tout pour lui avait une  âme
et toutes les âmes étaient une.
Lorsque l’enfant était enfant,
il n’avait d’opinion sur rien,
il n’avait pas d’habitudes
il s’asseyait souvent en tailleur,
démarrait en courant,
avait une mèche rebelle
et ne faisait pas de mines quand on le photographiait. »

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Liens :

http://www.lacauselitteraire.fr/les-ailes-du-desir-de-wim-wenders

http://fr.wikipedia.org/wiki/Les_Ailes_du_désir

http://cinemasansfrontieres.free.fr/spip/spip.php?article220

En vue des Européennes 2014

Voilà, j’ai adressé ma lettre de candidature à Harlem Désir pour les élections européennes de mai 2014. Nous avions jusqu’à vendredi minuit pour le faire, comme cela était précisé dans la Circulaire interne n° 1388. Mon courrier est bien arrivé à temps.  (Mais tout ça, la NSA le savait déjà…) ;o)

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Les sièges à pourvoir seront répartis entre les circonscriptions inter-régionales suivantes :

  • Nord-Ouest (Basse-Normandie, Haute-Normandie, Nord-Pas-de-Calais, Picardie) ;
  • Ouest (Bretagne, Pays de la Loire, Poitou-Charentes) ;
  • Est (Alsace, Bourgogne, Champagne-Ardenne, Franche-Comté, Lorraine) ;
  • Massif central-Centre (Auvergne, Centre, Limousin) ;
  • Sud-Ouest (Aquitaine, Languedoc-Roussillon, Midi-Pyrénées) ;
  • Sud-Est (Corse, Provence-Alpes-Côte d’Azur, Rhône-Alpes) ;
  • Île-de-France ;
  • Outre-Mer.

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