Victoires d’une Courgette

Une révélation

Je me souviens fort bien de ce jour qui fut celui de cette découverte du film d’animation intitulé « Ma Vie de Courgette ». Si bouleversant. Cette histoire ô combien prenante. Ces personnages si attachants et cette animation réalisée grâce à la technique du « stop-motion ». A y regarder de plus près, on se rend compte que personnes, voitures, maisons et autres détails sont représentés de manière minimaliste, presque naïve ; c’est la vision des enfants que nous voyons. Ces enfants qu’on aimerait ne jamais plus quitter.

Date de sortie : 19 octobre 2016 (1h 06min)

Réalisateur : Claude Barras
Scénariste : Céline Sciamma
D’après l’oeuvre de Gilles Paris
Genres : Animation, Drame
Nationalités : Suisse, Français

L’origine

Quel bonheur d’avoir trouvé ensuite le livre qui fut à l’origine de ce film d’animation : « Autobiographie d’une Courgette », de Gilles PARIS, paru en 2002 chez Plon. Ce roman, réédité à l’occasion de la sortie du film, raconte la vie d’Icare alias Courgette, un jeune garçon de 9 ans qui vit seul avec sa mère alcoolique depuis le jour où son père est parti « faire le tour du monde avec une poule ». Il se cache souvent dans son grenier car c’est le seul endroit où sa mère, qui le bat tout le temps, ne peut monter pour le frapper car elle a une jambe raide depuis un accident de voiture. Au grenier, il joue avec des pommes et regarde le petit voisin qui joue avec les cochons de son père, dans le jardin (...).

Apothéose

Lors de la dernière cérémonie des Césars, le 24 février 2017, quel plaisir de retrouver « Ma Vie de Courgette » plusieurs fois nommé. Et quel bonheur d’apprendre les prix remportés :

César de la Meilleure adaptation (attribué à la scénariste Céline Sciamma)
César du Meilleur film d’animation (attribué à Claude Barras, collaboration au scénario). Le film fut également nommé pour le César de la Meilleure musique originale.

Et puis, il y eut, le 26 février 2017,  une nomination aux Oscars (89e Academy Awards 2017) : Oscar du Meilleur film d’animation (Claude Barras)
Le 04 février 2017, « Ma Vie de Courgette » connut deux nominations, aux « 44e Annie Awards 2017 » :
Meilleur réalisateur pour le cinéma (Claude Barras)
Meilleur film d’animation indépendant (Claude Barras)

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Ephraïm l’Ethiopien

Il s’appelle Ephraïm. Ce jeune garçon éthiopien, toujours accompagné de son inséparable brebis, va être confié à des parents éloignés. Mais il s’adapte mal à sa nouvelle vie. Jusqu’au jour où son oncle lui annonce qu’il devra sacrifier l’animal pour le prochain repas de fête. Ephraïm sera prêt à tout pour sauver sa seule amie et rentrer chez lui… (D’après le synopsis de http://www.festival-cannes.com)

Dès les premières images du film « Lamb », nous sommes immédiatement saisis par la beauté – que dis-je ! La splendeur, la magnificence – des paysages qui se déroulaient devant nos yeux étonnés de découvrir ainsi une part de l’Ethiopie.  Continuer la lecture de « Ephraïm l’Ethiopien »

Un film irrationnel

J’ai eu, vendredi soir, l’occasion de découvrir, au cinéma « Le Pagnol », à Aubagne, le nouvel opus de l’immense Woody Allen.

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Eh bien les amis, quel film !

Je dois dire que j’apprécie régulièrement Woody Allen, mais là, ça dépasse l’entendement. Lorsque démarre le générique de fin, le silence dans la salle persiste. Chaque spectateur, immobile, fixe l’écran ou son voisin ou sa voisine, les yeux écarquillés d’étonnement et la bouche ouverte de surprise. Puis, après quelques secondes, la réalité reprend le dessus et les premiers échanges apparaissent. « Oh ça alors ! ». « Tu t’y attendais ? », « Et tu te souviens quand… ? », « Et quand elle a répondu que… ? », etc.

 

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Lale, Nur, Selma, Ece, Sonay et Hirut

Turquie, Ethiopie. Non, il ne s’agit pas de récentes destinations estivales, mais plus simplement de deux films exceptionnels vus à moins de deux mois d’intervalle. A l’honneur, deux réalisateurs non moins formidables : Deniz Gamze Ergüven et Zeresenay Mehari.

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Lale, Nur, Selma, Ece, Sonay, Hirut : tels sont les prénoms des différentes héroïnes de ces deux longs métrages ; les cinq sœurs du film Mustang, puis la jeune fille de Difret. Le point commun qui unit ces deux œuvres a priori très éloignées géographiquement et culturellement : le poids des traditions ancestrales.

Les deux films s’ouvrent sur une note de bonheur et d’insouciance. D’un côté, la joie d’une fin d’année scolaire et des premiers moments de vacances d’été où l’on voit en Turquie cinq soeurs s’amuser avec des garçons au bord de la mer, de l’autre, en Ethiopie, une jeune fille à l’école, bonne élève, à laquelle l’enseignant annonce qu’elle aura accès à la classe supérieure. Grand sourire sur le visage de l’adolescente qui, à la fin de la classe, repart à pieds chez elle annoncer la bonne nouvelle à sa famille. Continuer la lecture de « Lale, Nur, Selma, Ece, Sonay et Hirut »

Un et multiple…

A bien des égards, certains moments d’une existence sortent pour le moins de l’ordinaire. Ce fut le cas, hier soir, à l’occasion d’un film, sorti il y a une douzaine d’années et projeté dans un cinéma de La Ciotat.

Rien de follement dépaysant, me direz-vous. Certes. Mais laissez-moi vous préciser certains aspects de cette soirée. D’abord, ce film n’était pas tout seul ; en effet, nous avons eu le plaisir d’accueillir son réalisateur qui n’était autre que René Manzor en personne ! Alors ? On commence à comprendre mon introduction légèrement  dithyrambique ? Et si j’ajoute à cela le fait que cette projection a eu lieu dans le plus ancien cinéma du monde désormais mythique, l’Eden Théâtre, vous saisirez mieux les raisons de mon état particulier. Enfin, il ne s’agissait pas de n’importe quel film : « Dédales ». « L’individu n’est que la somme des personnalités qu’il abrite », précise le sous-titre sur l’affiche. Le thème abordé était d’une grande richesse.

Après quelques propos introductifs de l’intervenante de l’association « les Lumières de l’Eden » – présidée par monsieur Michel Cornille – qui organisait l’événement, la parole fut donnée au réalisateur qui se présenta et nous parla un peu de son film avant que la projection ne débute.

Et quel film ! Oh, bien sûr, la plupart des spectateurs qui s’étaient déplacés pour l’occasion (la salle de l’Eden Théâtre était comble !) l’avaient déjà vu à une ou plusieurs occasions, même. Mais malgré cela, car l’histoire était telle, chacun se laissait prendre au jeu. Et l’on se surprenait même à être étonnés au moment du dénouement. Quelle réalisation ! Et ces trois acteurs principaux extraordinaires : Sylvie Testud, Lambert Wilson et Frédéric Diefenthal…

RM

Revenons à ce thème particulier ! « L’individu n’est que la somme des personnalités qu’il abrite »… René Manzor, à l’issue de la projection, nous a bien éclairé sur cette problématique des personnes souffrant de personnalités multiples (renommé récemment « trouble dissociatif de l’identité ») « décrit pour la première fois en Amérique du Nord dans les années 1980 » (extrait de l’article Wikipédia ci-après).  Ariane, Thésée, Dédale, Minotaure et d’autres…

« Nous ne sommes pas des personnalités mais des personnes ! »…

Nous dépassons-là le stade de la schizophrénie : l’idée de ce film germa dans l’esprit de René Manzor aux Etats-Unis, après que l’un de ses amis médecin lui montra, sur une cassette, une personne présentant plusieurs personnalités différentes. Vingt-sept au total ! « Qu’est-ce qu’une Personnalité Multiple ? C’est plusieurs “moi” qui partagent un même corps, chacun prenant le contrôle à tour de rôle, de façon plus ou moins volontaire ou chaotique, selon les cas » (http://www.cles.com).

René Manzor nous expliqua aussi jusqu’à quel point il dut amener ses acteurs vers des états incroyables, tant leur expression était fondamentale. Ajoutons à cela une bande-son très importante pour ce film, réalisée par Jean-Félix Lalanne qui n’est autre que le frère de René Manzor (et donc également de Francis). Quelle famille d’artistes !

Excellente soirée, donc, riche d’enseignements et riche d’avoir pu échanger avec un réalisateur qui s’est révélé passionnant. Une soirée qui sortait pour le moins, vous en conviendrez à présent, de l’ordinaire.

DED

Quelques liens :

• Le mystère des Personnalités multiples :
http://www.cles.com/enquetes/article/le-mystere-des-personnalites-multiples

• Bulletin de psychiatrie n°18 du 27 janvier 2009 : L’Affaire des Personnalités multiples :
http://www.bulletindepsychiatrie.com/multiples.htm

• Article sur Wikipedia :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Trouble_de_la_personnalité_multiple

• Le site officiel de René Manzor 

Sugar Man, modèle d’humilité

Lorsque je me suis rendu à l’Eden Théâtre, ce dimanche 9 février, je savais que j’allais voir un film documentaire de Malik Bendjelloul proposé par l’Association Art et Essai Lumière. Mais j’étais à mille lieues d’imaginer le choc que j’allais ressentir. Car ce fut véritablement le cas. Une telle émotion ! Quel film ! Passionnant de bout en bout, émouvant mais surtout déconcertant. Réellement. Il faut le voir pour le croire !

Nous faisons connaissance avec un musicien de rock & folk des années 70 aux Etats-Unis. Sixto Rodriguez – retenez ce nom – a enregistré deux albums sous le label Motown. Malheureusement, il ne perce pas. Ses disques sont ignorés. C’est un échec. Terrible. On dit qu’il se serait suicidé sur scène (en s’immolant ou en se tirant une balle dans la tête, selon les versions). Aux Etats-Unis, quasiment personne n’a entendu parler de Sugar Man / Sixto Rodriguez.

Un beau jour, une touriste américaine part voyager en Afrique du Sud, à une époque ou l’Apartheid était à son apogée. Dans ses bagages, elle avait une copie du premier disque de Sugar Man. De fil en aiguilles, ce disque fait le tour de beaucoup de monde, se diffusant comme une traînée de poudre. Au point que quelques mois, quelques années après, Sugar Man est devenu une immense vedette en Afrique du Sud. Ses disques battent des records de vente. Sa musique devient même un symbole de la lutte contre l’Apartheid. Toujours inconnu aux Etats-Unis, devenu une immense vedette en Afrique du Sud…  Incroyable. Plus de vingt ans après, en 1997, deux fans du Cap dont Stephen « Sugar » Segerman essayent d’en savoir plus sur cet énigmatique Sugar Man.  Ils se lancent dans cette quête espérant apprendre qui était ce chanteur, où il vivait, comment il a disparu. Une enquête qui réservera bien des surprises.

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Avertissement : Chère lectrice, cher lecteur, si vous n’avez pas encore vu ce film diffusé dans les réseaux Art et Essai, ne lisez pas la suite. Trop de choses y sont dévoilées qui vous gâcheraient votre perception du film lorsque vous le verrez…
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Les Ailes du Souvenir

Vingt-six ans déjà… Je me souviens fort bien avoir vu ce film lors de sa sortie en salle. Plutôt deux fois qu’une, tant cette oeuvre m’avait marquée. Ces images magnifiques, mais aussi cette dimension particulière dans laquelle le spectateur est plongé dès les premières secondes de la projection.

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Une amie récemment m’a remis sur la voie de ce film. Je n’y pensais plus depuis longtemps. Puis il y eut ce rappel inattendu et, brutalement, tout est remonté en mémoire. Berlin. Damiel, Cassiel, la trapéziste. L’éternité, le désir amoureux pour lequel Damiel sacrifiera son éternité. Ode à l’Humanité. Juxtaposition de solitudes…

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Ce film n’a pas vieilli. Il n’a pas pris une ride. Son atmosphère est restée intacte.

Anges, êtes-vous là ?…

1001. INSERT (34 sec.)
Une main qui écrit sur une feuille de papier :

Lorsque l’enfant était enfant,
il ne savait pas  
qu’il était enfant,
tout pour lui avait une âme.

FERMETURE EN FONDU

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VOIX DE DAMIEL :
« Lorsque l’enfant était enfant,
il marchait les bras ballants
il voulait que le ruisseau soit rivière
et la rivière, fleuve,
que cette flaque soit la mer.
Lorsque l’enfant était enfant,
il ne savait pas qu’il était enfant,
tout pour lui avait une  âme
et toutes les âmes étaient une.
Lorsque l’enfant était enfant,
il n’avait d’opinion sur rien,
il n’avait pas d’habitudes
il s’asseyait souvent en tailleur,
démarrait en courant,
avait une mèche rebelle
et ne faisait pas de mines quand on le photographiait. »

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Liens :

http://www.lacauselitteraire.fr/les-ailes-du-desir-de-wim-wenders

http://fr.wikipedia.org/wiki/Les_Ailes_du_désir

http://cinemasansfrontieres.free.fr/spip/spip.php?article220