We will regret you so, Leonard

Encore un grand, que dis-je, un immense artiste, qui nous quitte.

Suzanne takes you down to her place near the river
You can hear the boats go by
You can spend the night beside her (1)

Léonard COHEN, c’est cette voix, ces textes, ces mélodies.

It’s true that all the men you knew were dealers
who said they were through with dealing
Every time you gave them shelter (2)

Fin octobre, l’annonce de la sortie de son dernier disque – You Want It Darker – m’avait rempli de joie. Je l’ai rapidement commandé au format vinyle, bien sûr. Le CD m’aurait été envoyé dans les prochains jours. Mais le vinyle ne sera disponible que plus tard. Qu’à cela ne tienne.

When they poured across the border
I was cautioned to surrender,
this I could not do;
I took my gun and vanished. (3)

L’écoute de (vrais) disques sur la platine conduit à la patience. Celle d’admirer d’abord la couverture. Celle de sortir précieusement le disque de sa pochette. Celle de le placer au centre de la platine et de lancer l’écoute. Celle d’accepter de se lever pour passer à la face B. Celle de le replacer enfin dans sa pochette puis de la ranger à la place qui lui est due.

Now I’ve heard there was a secret chord
That David played, and it pleased the Lord
But you don’t really care for music, do you ? (4)

Lorsque me fut annoncée hier la mort de Léonard COHEN, ce fut comme un choc. Début novembre donc, je commandais son disque qui sera ainsi véritablement le dernier. Il n’arrivera que fin de ce mois. Nul doute qu’une émotion bien particulière accompagnera son écoute le moment venu…

I caught the darkness
It was drinking from your cup
I got the darkness
From your little golden cup (5)

L’artiste s’est envolé. Marianne est surement parvenue à atteindre sa main…

« Marianne, le temps où nous sommes si vieux et où nos corps s’effondrent est venu, et je pense que je vais te suivre très bientôt. Sache que je suis si près derrière toi que si tu tends la main, je pense que tu pourras atteindre la mienne. Tu sais que je t’ai toujours aimée pour ta beauté et ta sagesse, je n’ai pas besoin d’en dire plus à ce sujet car tu sais déjà tout cela. Maintenant, je veux seulement te souhaiter un très bon voyage. Adieu, ma vieille amie. Mon amour éternel, nous nous reverrons. » (6)

We will regret you so, Leonard


(1) Suzanne

(2) The Stranger Song

(3) The Partisan

(4) Hallelujah

(5) The Darkness

(6) Lettre d’adieu de Leonard Cohen à sa muse Marianne, décédée le 29 juillet en Norvège, à l’âge de 81 ans.

 

Be Sociable, Share!

Laisser un commentaire