Un film irrationnel

J’ai eu, vendredi soir, l’occasion de découvrir, au cinéma « Le Pagnol », à Aubagne, le nouvel opus de l’immense Woody Allen.

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Eh bien les amis, quel film !

Je dois dire que j’apprécie régulièrement Woody Allen, mais là, ça dépasse l’entendement. Lorsque démarre le générique de fin, le silence dans la salle persiste. Chaque spectateur, immobile, fixe l’écran ou son voisin ou sa voisine, les yeux écarquillés d’étonnement et la bouche ouverte de surprise. Puis, après quelques secondes, la réalité reprend le dessus et les premiers échanges apparaissent. « Oh ça alors ! ». « Tu t’y attendais ? », « Et tu te souviens quand… ? », « Et quand elle a répondu que… ? », etc.

 

Ce film « L’Homme Irrationnel » nous cueille à froid, déroulant patiemment une intrigue d’une grande efficacité, nous conduisant dans des réflexions personnelles étonnantes voire surprenantes, même. La distribution sert parfaitement cette production. Emma Stone, qui était déjà à l’affiche dans le précédent film de Woody Allen « Magic in the Moonlight » (deviendra-t-elle la nouvelle muse du réalisateur comme le furent Mia Farrow ou dernièrement Scarlett Johansson ?), tient à nouveau l’un des rôles principaux. Et quel rôle ! Aux côtés d’un Joaquin Phoenix, professeur de philosophie, désabusé, intriguant, porté sur un single malt toujours à portée de main (et de bouche) grâce à sa discrète fiole, qui nous entraîne sur des terrains parfois peu avouables (c’est un euphémisme). D’autres rôles sont également formidables de densité, je pense particulièrement à celui de Parker Posey qui incarne une étonnante Rita, collègue du professeur Abe.

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Côté musique, le jazz, très apprécié à titre personnel par Woody Allen, est encore présent dans ce film comme il le fut dans « Mignight in Paris » par exemple. Pour être plus précis, « allocine.fr » nous précise que « la bande originale du film reprend plusieurs morceaux du groupe « Ramsay Lewis Trio », comme le metteur en scène en témoigne : « Cette musique possède un tempo et une énergie qui s’accordent très bien aux images, que les personnages conduisent ou marchent à son rythme, ou encore qu’ils se comportent mal. C’est une partition enlevée qui évoque le caractère orageux des personnages. »

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Ah oui : lorsque je lis certaines « critiques », je me demande vraiment si leurs auteurs ont vu le bon film. Piétiner ainsi le nouvel opus de Woody Allen au prétexte, peut-être, de « faire le buzz » : je trouverais le procédé pour le moins pitoyable. A celles et ceux qui hésiteraient, après avoir lu ou entendu ces « avis » de pseudo-connaisseurs, je dirais : foncez ! Seul votre propre avis compte. Ne laissez pas certains penser à votre place. Woody Allen a fait tant d’excellents films, dont certains au style tellement différent des précédents. Et l’on compte tant de succès dans cette magnifique carrière de ce génie du 7ème Art…

Ceci étant dit, vous aurez constaté qu’à aucun moment je n’ai voulu aborder la description précise d’un extrait de ce film. Il n’était pas question que par maladresse je ne dévoile un détail, même qui pourrait sembler anodin, qu’il vous reviendra de découvrir, tant ce film est dense et ô combien surprenant – à bien des égards…

Un film irrationnel.

La Critique de la Semaine est présentée par Yves ALION , Rédacteur en chef à l’Avant Scène Cinéma. (http://www.esra.edu)

Photo "franceinfo.fr"
Photo « franceinfo.fr »
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Laurent KAROUBY

Auteur : Laurent KAROUBY

Sur Twitter : @laurentkarouby

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