LOLITA, des impros de 1993 à nous jours…

Chers amis

Il y a une vingtaine d’années – déjà 🙁 – en 1993, nous étions une petite dizaine de passionnés d’improvisation, la plupart issus de l’animation en centres de vacances (avec l’UFCV à l’époque). L’association créée le 1er avril 1993, baptisée « Ligue Ouverte et Libre d’Improvisation Théâtrale d’Alsace » / puis « Amateur » par la suite  (LOLITA, pour aller plus vite), il fallut bien nous former un minimum.

Cette formation eut lieu le week-end du premier mai 1993 à Strasbourg (samedi 1 et dimanche 2) en toute fin des congés de printemps de cette année-là. Et celui qui eut la lourde charge de nous initier à l’art de l’impro théâtrale ne fut autre que le célèbre Papy, venu spécialement de Trappes pour nous.


Papy, « Made in Trappes » par YVELINESPREMIERE

Ah ! Quelle préparation ! J’en garde un souvenir extraordinaire, même si – après tant d’années – trop peu de choses précises subsistent… Après un samedi très riche de mise en place où nous fîmes connaissance avec quelques techniques d’improvisation, le dimanche fut autrement chargé. Entrainement le matin et l’après-midi. En fin d’après-midi, nous nous installions dans ce qui fut – si je ne me trompe pas – le CIARUS, pour notre premier (vrai) match d’impro en public 🙁

Nous étions tout juste assez nombreux pour composer deux équipes (je crois même que nous étions 5 contre 5, et non 6 contre 6, effectif réglementaire habituel)… Il y a une chose dont je me souviens parfaitement : nous n’avions pas de patinoire (on appelle « patinoire » les bords ressemblant à ceux d’une vraie patinoire, la glace en moins 🙂 délimitant ainsi la zone d’évolution des jouteurs). Nous avions donc ce jour-là un genre de panneaux bas utilisés habituellement pour séparer les tables de ping-pong lors de tournois.


Un exemple de match d’impro

Papy était arbitre. Les gens commençaient à arriver. Ah ! Ca ne rigolait plus ! La salle était quasiment remplie. Il est vrai qu’à l’époque, les matches d’impro, créés au Québec, commençaient à peine à percer, par chez nous. Et le moins qu’on puisse dire, c’est que la passion de l’impro théâtrale allait prendre très rapidement et se développer comme une traînée de poudre. Bref : je revois cette petite salle tout en longueur. Le public était installé devant nous. Je ne me souviens plus du détail des impros mais la dernière traitait de vieux pépés Marseillais… Quelle expérience !…

Rapidement, notre quartier général fut installé au Fossé des XIII où nous nous entraînions trois à quatre heures par semaine, les matches se déroulant le week-end. Bientôt nous fûmes assez nombreux pour former un championnat qui accueillait, au fil des matches, de plus en plus de spectateurs.

Premier Match des Etoiles - - LOLITA 1994 - avec, de gauche à droite : Chantal Niederlender, Marko Mayerl, Cédric Marillat, Etienne Bayart, Rudy Lebrun, Laurent Karouby et Fred Ridacker. Il s'agissait du Match de clôture de la toute première saison (au centre socio culturel de la robertsau, L'Escale). © Chantal N.
Document culte ! Cliché pris à la fin du premier Match des Etoiles – LOLITA 1994 – avec, de gauche à droite : Chantal Niederlender, Marko Mayerl, Cédric Marillat, Etienne Bayart, Rudy Lebrun, Laurent Karouby et Fred Ridacker. Il s’agissait du Match de clôture de la toute première saison (au centre socio culturel de la robertsau, L’Escale).
© Chantal N.

Chaque équipe du Championnat se constituait son identité propre avec son hymne (Ah, les hymnes !) et ses maillots personnalisés (pour la plupart fabriqués au Québec). Je me souviens de notre équipe : les « 6 Fonds Pressés »… Tout allait très vite. Trois ou quatre ans – à peine – plus tard, la LOLITA accueillait le premier Mondial d’Impro de son Histoire. Québecois, Suisses, Belges et Français allaient régaler des centaines de spectateurs durant plusieurs jours. Ce fut un triomphe.

Puis les effectifs se développèrent (grâce, principalement, à beaucoup d’étudiantes et d’étudiants ; ce qui n’était pas étonnant pour Strasbourg, grande place universitaire). Peu de temps après, il y eut tant de membres que tout le monde ne pouvait plus mathématiquement participer au championnat. C’est ainsi que fut créée la Joute Libre : une structure de la LOLITA pouvant accueillir celles et ceux qui voulaient goûter aux joies de l’impro sans pour autant être happés par la fièvre du championnat. Ceci dit, fréquemment, après une période de familiarisation, il n’était pas rare de voir des jouteurs de la Joute Libre accéder au Championnat – même si tel n’était pas l’objectif principal de la Joute Libre.

Aujourd’hui, alors que les festivités des 20 ans de la LOLITA ne vont pas tarder, je voudrais rendre un vibrant hommage aux quelques pionniers de mai 93 et à Papy, aux formidables amis arrivés par la suite constituant le Championnat et la Joute Libre, et à toutes celles et ceux qui, depuis, ont fait perdurer la Ligue d’impro de Strasbourg jusqu’à ce jour.

Si nous imaginions, ce premier avril 1993, après avoir constitué l’Association, que vingt ans plus tard nous en parlerions encore… Oui, vraiment, quelle belle histoire !…

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Laurent KAROUBY

Auteur : Laurent KAROUBY

Sur Twitter : @laurentkarouby

Une réflexion sur « LOLITA, des impros de 1993 à nous jours… »

  1. Merci Laurent pour ce témoignage ! On ne se connaît pas personnellement, mais tu as vécu des époques de la Lolita dont on parle en tant que « mythes » à l’heure actuelle, et c’est toujours un plaisir d’écouter ou de lire des passages de ce qui fut les débuts de notre association =).
    Cédric, un loliteux depuis « à peine » cinq ans
    PS : La photo est géniale ! =P

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