Comme un arbre

Comme un arbre j’ai besoin de Lumière…

Si je suis fermement attachée à mon sol toujours mariée à la terre. Je grandis néanmoins vers le ciel et je croîs, je mûris en noblesse et en beauté.

Certains jours noirs et sombres de l’hiver ou certaines heures d’automne noyées de pluie je travaille à l’intérieur et j’attends.

Nulle protection ni secours, incertitude maillée d’espérance, je ne commande pas à la nature je collabore avec elle.

Comme un arbre j’ai mes saisons, mes forces, mes failles.

Continuer… comme un arbre ce n’est peut-être pas maudire les intempéries mais les accueillir, dormir une courte nuit pour recommencer le lendemain, apprendre à mourir, pour renaître.

Continuer… comme un arbre, c’est peut-être me lever chaque jour avant le jour, prêt à affronter les coups du sort, prêt à faire alliance avec ma vie. Continuer la lecture de « Comme un arbre »

Un moment piquant…

En fin d’après midi, à l’extérieur, j’entendis comme un léger frottement sur ma droite. J’eus la surprise de voir une espèce de boule curieuse, d’une vingtaine de centimètres de long, se déplacer, passant à peine à quelques centimètres de moi. Un hérisson ! L’animal fit une halte. Je tentais de l’immortaliser. Je distinguais parfaitement son museau et l’un de ses yeux. Il se remit en route. Je décidais de le suivre un peu. Mais en  marchant par inadvertance sur une feuille morte, je fis un tel bruit qu’il stoppa net. En une fraction de seconde, il rentra ses pattes, son museau et hérissa tous ses piquants… Il faudra attendre quelques instants pour le voir se remettre en route. Le mammifère avança assez rapidement puis disparut dans la végétation environnante. Continuer la lecture de « Un moment piquant… »

Un peu de poésie…

Les roses d’Ispahan

Les roses d’Ispahan dans leur gaine de mousse,
Les jasmins de Mossoul, les fleurs de l’oranger
Ont un parfum moins frais, ont une odeur moins douce,
Ô blanche Leilah ! que ton souffle léger.

Ta lèvre est de corail, et ton rire léger
Sonne mieux que l’eau vive et d’une voix plus douce,
Mieux que le vent joyeux qui berce l’oranger,
Mieux que l’oiseau qui chante au bord d’un lit de mousse.
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Shapur Bakhtiar : qui s’en souvient ?…

Shapur Bakhtiar (né en 1914 à Kanarak, un village proche d’Isfahan), écrivain et politologue iranien, et dernier Premier ministre d’Iran sous le règne du Shah Mohammad Reza Pahlavi.

Il obtint son doctorat en Sciences politiques à Paris, à la Sorbonne, en 1939. Toujours opposé au totalitarisme, il participa à la guerre civile espagnole au sein des Brigades internationales contre le général Franco avant de se porter volontaire dans l’Armée française et de combattre contre l’occupation nazie dans le bataillon d’Orléans puis dans la Résistance française.

Il rertourne en Iran en 1946. En 1978, le pouvoir du Shah s’effondre. Bakhtiar sera nommé Premier ministre. La montée de l’ayatollah Khomeini ruina tous les espoirs et le Shah quitta l’iran en janvier 1979. Shapur Bakhtiar le suivra au mois d’avril et dirigera le Mouvement national de la Résistance iranienne. Continuer la lecture de « Shapur Bakhtiar : qui s’en souvient ?… »

Liberté : enfin !

Chers amis,

Nous avions évoqué sur notre site le drame vécu par Clotilde Reiss, assignée à résidence après ces épisodes d’une justice théâtrale qui la condamna à deux fois cinq ans de prison pour « espionnage » (rappelons qu’elle était détenue en Iran depuis le 1er juillet dernier pour avoir participé à des manifestations post-électorales qui ont tant fait parler d’elles et dont la répression fut si terrible)… Elle passera tout de même un mois et demi en détention dans la prison d’Evin, à Téhéran.

Aujourd’hui dimanche 16 mai 2010, Clotilde Reiss a retrouvé le chemin de la Liberté. Dès son arrivée, l’universitaire de 24 ans a été reçue à l’Elysée. Continuer la lecture de « Liberté : enfin ! »

A propos de la langue persane

La semaine dernière je découvrais le film iranien « Theroun ». Or je me suis aperçu qu’un aspect particulier n’avait pas été abordé. En plus de ces images, de cette histoire, il fallait souligner une autre dimension intéressante : la langue. Ce film était projeté en effet en version originale sous-titrée en français.

Nous avons donc eu le plaisir rare d’entendre pendant près de 98 minutes le persan tel qu’il est parlé en Iran. Cette langue appelée le farsi est plus proche de nous qu’on pourrait le penser.

Voici un extrait très complet disponible sur Wikipedia concernant le farsi :

La langue persane est appelée farsi en Iran.

Le farsi est parlé en Iran (plus de 70 millions de locuteurs), en Afghanistan (16 millions), au Tadjikistan, au Bahreïn (minorité iranophone) et en Ouzbékistan (minorité tadjik). Il a le statut de langue officielle dans les trois premiers pays cités. Continuer la lecture de « A propos de la langue persane »

Ma France

Paroles et Musique : Jean Ferrat
1969  ‘Jean Ferrat – Vol.1 (1999)’

De plaines en forêts de vallons en collines
Du printemps qui va naître à tes mortes saisons
De ce que j’ai vécu à ce que j’imagine
Je n’en finirais pas d’écrire ta chanson
Ma France

Au grand soleil d’été qui courbe la Provence
Des genêts de Bretagne aux bruyères d’Ardèche
Quelque chose dans l’air a cette transparence
Et ce goût du bonheur qui rend ma lèvre sèche
Ma France

Cet air de liberté au-delà des frontières
Aux peuples étrangers qui donnaient le vertige
Et dont vous usurpez aujourd’hui le prestige
Elle répond toujours du nom de Robespierre
Ma France

Celle du vieil Hugo tonnant de son exil
Des enfants de cinq ans travaillant dans les mines
Celle qui construisit de ses mains vos usines
Celle dont monsieur Thiers a dit qu’on la fusille
Ma France

Picasso tient le monde au bout de sa palette
Des lèvres d’Éluard s’envolent des colombes
Ils n’en finissent pas tes artistes prophètes
De dire qu’il est temps que le malheur succombe
Ma France

Leurs voix se multiplient à n’en plus faire qu’une
Celle qui paie toujours vos crimes vos erreurs
En remplissant l’histoire et ses fosses communes
Que je chante à jamais celle des travailleurs
Ma France

Celle qui ne possède en or que ses nuits blanches
Pour la lutte obstinée de ce temps quotidien
Du journal que l’on vend le matin d’un dimanche
A l’affiche qu’on colle au mur du lendemain
Ma France

Qu’elle monte des mines descende des collines
Celle qui chante en moi la belle la rebelle
Elle tient l’avenir, serré dans ses mains fines
Celle de trente-six à soixante-huit chandelles
Ma France