30 mars 2010 – 12h15…

Aujourd’hui à la mi-journée s’est abattu sur notre ville de La Ciotat un orage d’une rare violence. A 12h15, en quelques minutes, très rapidement, le ciel devint noir. Un son sourd. Du tonnerre. Soudain, des trombes d’eau… Comme  peut l’évoquer ce passage du Déluge que nous ont transmis les Sumériens, 2700 ans avant notre ère :

A peine l’écoutille avait-elle été fermée, que Nergal arrachait les étais des vannes célestes, et que Ninurta se précipitait pour faire Adad étendit dans le ciel son silence-de-mort, réduisant en ténèbres tout ce qui avait été lumineux ! Les dieux Anunnaki enflammèrent la Terre tout entière !

En quelques instants, la nuit. Un bruit assourdissant : des milliers de grêlons s’abattirent sur nous. Vacarme inquiétant. Déchaînement des éléments.

Chao…

Or l’espoir vint du ciel. Un coin plus clair apparut. En quelques minutes à peine, cet état cataclysmique se mua en un ciel bleu lumineux qu’un soleil vigoureux allait encore renforcer. Miracle d’une Nature puissante qui sait rappeler à ses heures combien tout le reste est fragile et nous force à l’humilité…

Ordo ab Chao…

Histoire sans parole

Deux chats se sont scrutés des minutes durant, poussant des cris aigus particuliers. Observations immobiles…

Les chats

Les amoureux fervents et les savants austères
Aiment également, dans leur mûre saison,
Les chats puissants et doux, orgueil de la maison,
Qui comme eux sont frileux et comme eux sédentaires.

Amis de la science et de la volupté
Ils cherchent le silence et l’horreur des ténèbres ;
L’Erèbe les eût pris pour ses coursiers funèbres,
S’ils pouvaient au servage incliner leur fierté.

Ils prennent en songeant les nobles attitudes
Des grands sphinx allongés au fond des solitudes,
Qui semblent s’endormir dans un rêve sans fin ;

Leurs reins féconds sont pleins d’étincelles magiques,
Et des parcelles d’or, ainsi qu’un sable fin,
Etoilent vaguement leurs prunelles mystiques.

Charles BAUDELAIRE (1821-1867)

6 mars 2010